Tout le monde en conviendra, la Scandinavie n'est pas le lieu le plus approprié pour un séjour en décembre. En particulier à cause de son climat. Mais, quiconque reçoit un Prix Nobel de la Paix ne peut pas vraiment échapper au voyage à Oslo le 10 décembre. C'est ce que fera le Président Obama, honoré cette année par le Comité Nobel norvégien pour avoir créé "un climat nouveau dans les relations politiques internationales". Une fois à Oslo, pourquoi ne pas poursuivre le voyage vers une autre destination scandinave ? Précisément au même moment, Copenhague offrira une des tribunes les plus en vue à tout Prix Nobel fraichement nommé prêt à "prendre (sa) part de responsabilité dans la réponse globale aux défis internationaux". Ainsi, comment le Président Obama pourrait-il éviter de se rendre à la conférence des Nations Unis sur les changements climatiques qui se tiendra à Copenhague du 7 au 18 décembre 2009 ? Mais si Oslo est la ville de tous les honneurs, "Copenhague" est devenue synonyme d'engagement. Alors, lorsqu'il préparera son discours pour Oslo, le Président Obama devra aussi s'assurer que l'engagement de son pays à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à financer des projets dans les pays en voie de développement est à la hauteur des attentes. Bien sûr, cela rend la tâche plus difficile car pour un simple discours de remise de prix, pas besoin de l'accord du Sénat.Personne ne sait aujourd'hui si le Président Obama réussira dans les délais et méritera ainsi son Prix à Oslo. Mais, ce qui est déjà sûr, c'est qu'en le choisissant comme lauréat le jour même de l'échec des négociations sur le climat à Bangkok, le comité Nobel norvégien a bien mérité un prix en machiavélisme géopolitique.




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